Charlotte


Devenir Peter Pan - Rencontre avec mon enfant éternel

10 jours en Thailande à jouer aux pirates tatoués main dans la main avec nos rêves d’enfant intérieur !

Koh Chang – Thaïlande – Avril 2018
Charly et Charlotte finissent leur séjour, l’un repart pour l’Inde, l’autre rentre en Irlande 

Le douanier à l’aéroport de Bangkok devant mes yeux de panda gonflés

– Pourquoi tu es si triste, pourquoi tu pleures ?

– C’est pas de la tristesse, c’est de l’émotion, de l’amour en goutte qu’il faut laisser couler des yeux.

– C’est la Thaïlande qui te fait cet effet, c’est mon pays qui t’as émue ?

– C’est le monde et les rencontres. C’est mon enfant intérieur et mon ami de toujours serré dans mes bras, c’est l’innocence et l’effervescence vécue. C’est mon tout tenu entre mes mains, se riant du rien car l’essentiel est là. C’est la vibration à l’unisson entre l’univers et mon cœur. Je pleure l’intensité du moment qui s’évapore dans la normalité de la routine à venir.

Je lui serre la main, à ce douanier inconnu, renifle mes larmes salées et range mon passeport direction retour à la vie d’adulte. J’espère, cher enfant intérieur, ne pas t’oublier et continuer à entretenir notre si belle relation ! En hommage à la beauté de ces instants thaïlandais, je te promets de te rendre fier de la “grande” que je serais

C’est une communauté de jeunes thaïlandais à la peau sillonnée d’encre retraçant leur destin figuré de tigre et de rois, de serpents d’écailles et de poissons, d’entrelacs aux allures d’hibiscus et d’écritures thaïlandaises si délicatement calligraphiées. Sur leur corps, je lis l’oiseau déployant le paradis sous ses ailes. Carnet de vie à coeur ouvert dont on ancrera les pages ensemble. Ils ont le torse luisant et les pieds nus, des rires d’enfant, et des gueules de grands, forgés à la débrouilles indépendants, du haut de leur quart de siècle il ont déjà construits leur monde. Les pieds dans le sable, la tête dans les palmes et le coeur sur la main, leur univers créatifs s’ouvre en grand sur l’océan.

 

A l’ombre de leur mode de vie, je viens déposer mon ennui.

 

Quelques chats, deux ou trois chiens, des poissons sous le ponton qui marque l’entrée de cette hutte court de récré. La terrasse accueille le tatoueur, la toile de chair orientée face à l’océan pour apprécier la piqûre de la vue. Chaque pointe de soleil , chaque reflet océanique rythment le hand poke cadencé du symbole dans l’être ancré. La tribu de tatoueurs se noue sur le fil des aiguilles, soudé à la pointe de leur bambou, ils nous ouvrent leur sourires et nous proposent de vivre avec eux.

 

Exilés de Bangkok, sur leur îles pour rencontrer plus loin, plus souvent, plus intensément, plus ouvert sur le monde, sur la plage, leur univers. Ils ont le coeur grand ouverts, la générosité à fleur de pores et le talent pour accueillir l’étranger !

L’euphorie enfantine qui secoue leurs long cheveux a arrêté la trotteuse sur 4h20 à l’horloge du coin qui ne sert plus à rien. Pas de temps donc mais des airs grattés pour rythmer la journée, de toute façon ici on ne dors jamais, il n’y a pas de clés à leur portée, pas de fausse notes à leur mélodie en boucle rejouée.

Du calque et du carbone pour apposer la transparence sur l’idée, le trait ancré sur le pore à effleurer, pour transférer le croquis sur la peau. Les 3 aiguilles entrent dans la danse. Il est 4h20 comme toujours entre chien et loup, la douleur me picote l’ego mais n’effrite pas le sourire. L’aube se pointe enfin illuminant de sa rose douceur les dernières points de noir se faufilant sous mon épiderme perforé.

Plus de notion de temps, tout s’égrène en dimensions. Seuls les astres nous insufflent un peu d’heure de temps en temps. Loin de les utiliser comme des outils pour humains pressés de régler leur vie sur du papier à musique trop usé, pour la première fois je les vois pour ceux qu’ils sont, ces astres impressionnants : des planètes symboles d’un ailleurs différent, d’autres possibles, d’autres réalités, d’autres dimensions… La réflexion s’étend, prétentieux humains nous voyons qu’à travers nos filtres d’utilité ! Je perd la rationalité, je retrouve le sens : Qui remercie le sable de s’agglutiner en plage et les îles de se maintenir en air de vie ? Qui compare la différence de pression, de ressentis, entre air et eau ? Qui compte ses non-respirations sous l’eau pour entrainer le Chï à se concentrer dans le Do ? Qui aime en frère, joue en ami et inspire en guide ? Lui, Moi et Eux dans cet instants partagés…

Allez on trinque à la vie et ses différentes versions !

Celle là de déclinaison de vie d’enfant, je veux la dérouler en entier et sans nuance ici ou ailleurs, une vie à ancrer des peaux, à décorer les eaux, à dessiner nos sourires, à gratter les cordes, à danser ton rythme et faire tournoyer les flammes en savourant le danger des interdits si grisant à transgresser.

Ici ou ailleurs du moment qu’il y a du sable, une hutte de bambou, l’océan comme jardin et un petit pont pour délimiter l’intimité du cocon à tisser, ici ou ailleurs du moment que tu es à côté, toi, mon enfant intérieur au grand coeur ! On est si fort à les trouver ces aires illimités, ou l’enfant créateur triomphe en Roi. On est si fort à trouver des Genla (maîtres / guides spirituels devant lesquels on dépose notre ego) tout autour, qui nous apprennent leurs 2 ou 3 trucs quelqu’ils soient. 

Ouvrir ces parenthèses de vie qui donne envie d’étendre le temps, d’étirer les crochets qui les délimitent pour y faire rentrer plus de moments, plus d’expériences, plus d’échanges.  

Ils parlent en thaï mais nous sourient en anglais,on répond en parfois en français, on échange le langage du coeur et du rire, ils nous offrent tout sur un plateau nacré.

Les jouets, les idées, le partage des repas, le poisson frit et les omelettes magiques, le talent, le rire et leurs histoires. Le sol est couvert de peinture fluo, de cannes et de filets, de croquis, … Un tapis de jardin d’enfants aux puzzles arc-en-ciel pour booster la créativité et encourager l’enfant intérieur à s’ébrouer. Les murs sont couverts de milles trésors qui en créent d’autres, cercle permanent de transformation où rien ne se perd, les livres soutiennent les étagères, le tatouage est omniprésent, stylos , papiers et tous les ustensiles nécessaires pour poser des couleurs sur leurs idées. 

Ca joue au pistolet à bille et au frizzbee, au bâton de feu, aux bolas, ça pêche son repas, ça cuisine des festins à même le sol, ça diffuse la joie, ça vit en se riant des normes tant que le temps est heureux, on suit ce non-plan avec passion.

En passant leur pont, on réveille l’enfant innocent, adolescent en rébellion, le jeune adulte en construction, le curieux en quête de sensation. Et sous leurs regards taquins de jeunes sages aux 10 000 vies expérimentées sur le bord de leur océan de sagesse on apprend que la différence à du bon, que le système n’est pas imperméable, que tout est possible et rien n’est figé. 

Que vivre les orteils dans le sable à faire l’éventail pour agiter la routine, c’est possible ! Tout est offert, le don n’a que le prix de l’intention. On échange nos trésors pour continuer la route, je tisse autour du cou de celui perce ma peau, la teinture buddha ramenée d’Inde viendra recouvrir le sol de celui qui décore nos jambes. Pour ton poisson cuisiné je te ramène un cocktail frappé, pour ton cours de bâton de feu je t’offre une initiation à la méditation…. et ainsi va la vie… Pour nos sourires tu nous donne ta chemise. Elle trône aujourd’hui dans ma maison péruvienne, vois le chemin parcouru par la bonté de l’échange ! 

Secouez cette potion, harmonisez les éléments, rajouter la piraterie bienveillante, la cabane en bambou et vous donnerez de nouveaux possibles à vos perceptions.

Là, au creux de ce moment présent de 10 jours à Koh Chang, j’ai dans les mains ce que je rêve d’avoir, j’ai dans le coeur ce que je rêve de ressentir, j’ai dans les yeux des visions dépassant mes espérances les plus folles. J’incarne de tout mon être celle que je suis aussi naturellement que miraculeusement quand on suit son enfant intérieur.

 

Le mien se balance, pirate sur sa pierre ondulante, je tourne, drapeau de l’île , le foulard qui s’étend en cercle chacentrique, je suis le pilier vivant de l’île de cocotier. Comme le petit prince le montre si bien, à chacun son état, sa planète et son monde. 

Dis, je peux rentrer dans le mien ? Et toi tu veux venir m’y rejoindre ?